Is hier, les guerres de religion

Les guerres de religion amenèrent à Is-sur-Tille leur lot de souffrance et de persécution, avec des exactions à l'encontre des protestants lors de la Saint-Barthélemy. La ville, partiellement fortifiée à cette époque, fut le théâtre de mouvements de troupes et de faits d'armes nombreux en faveur tantôt d'un camp, tantôt de l'autre. Mais les habitants se déclarèrent pour le roi Henri IV et la forte communauté protestante, légitimée par l'Édit de Nantes, inaugura un temple le 9 avril 1600, vraisemblablement à l'angle de l'actuelle place Jean Durand et de la rue du Prêche.

Le 17e siècle vit prospérer la foi protestante dans les murs de la ville sous le long ministère du pasteur Jean Durand (1616 -1678). De nombreux synodes de Bourgogne eurent lieu à Is-sur-Tille, et les minutes de ces congrégations nous sont parvenues intactes, faisant revivre "les Protestants bourguignons dans leurs paroisses avec leurs joies et leurs peines, leur foi, leur courage et leurs faiblesses." (Jacques Fromental). La destruction du temple intervint dès le lendemain de la Révocation de l'Édit de Nantes, le 16 octobre 1685. Les protestants issois reçurent l'ordre d'abjurer leur foi, ce que bien peu de familles acceptèrent de faire, préférant l'exil, principalement vers la Suisse. Ainsi Is-sur-Tille, à l'image de nombreuses villes du royaume, eut à souffrir des conséquences désastreuses d'une décision intolérante qui provoqua le départ massif de sujets fortement impliqués dans la vie économique du pays.

La fortification de la ville, qui parut une solution de bon sens aux habitants las des invasions et des pillages, eut lieu entre 1583 et 1589. Mais les remparts apportèrent une protection illusoire, offrant au contraire aux armées de passage l'occasion d'un repli abrité et d'un approvisionnement facile. Les ligueurs, dont l'objectif était l'extermination du parti protestant, occupèrent maintes fois la ville. Le duc de Nemours (1589), le vicomte de Tavannes (1593), suivi la même année par le sieur de Rougemont, le baron de Lux (1594), Tremblecourt, Roticoti et leurs troupes de mille soldats lorrains, la liste est longue de ces chefs de guerre qui vécurent sans scrupules aux dépens d'une population vulnérable.

En 1632, Gaston d'Orléans, en révolte contre Richelieu, campa pendant deux jours à Is-sur-Tille, qu'il rançonna à la tête de douze cents hommes. Sur fond de guerre entre la Bourgogne et la Franche-Comté, la ville fut de nouveau pillée en 1636 par les soldats du comte Galas qui échouèrent devant Selongey. Mais quelques mois plus tard, les Issois résistèrent avec plus de succès à une troupe issue de l'armée de Galas, la chassèrent et la mirent en pièce à Moloy sous le commandement de Claude Hector de Chargey. À cette occasion, trois femmes d'Is-sur-Tille se joignirent à leurs maris pour combattre les pillards. La seule dont le nom nous soit resté mourut de ses blessures. Il s'agit de Catherine Grandcompain.
La même année, la peste se déclara à Is-sur-Tille où elle fit plus de 500 victimes en 16 mois. Lorsqu'elle n'était pas confrontée aux convoitises des bandes armées et des pillards de toutes sortes, Is-sur-Tille avait l'obligation d'accueillir les armées régulières. " Pendant trois siècles, notre ville eut les tracas de l'étape. " (A.Mochot). Ainsi en 1650, elle dut loger le régiment de Persan.

Jusqu'à la révolution, la ville connut une vie paisible rythmée par les nombreuses garnisons, et renoua avec une prospérité qui lui avait fait défaut pendant si longtemps.

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Sommaire

Le nom de la ville
Les origines

Le Moyen Âge

Un royal visiteur et un texte fondateur

La Révolution
Le 19e siècle

Le camp américain et le XXe siècle

Bibliographie

 

Rubriques annexes

Le monument aux morts d'Is-sur-Tille